BILAN ET EXPLORATION DE L'AUDITION
L'audition est un sens complexe dont la mesure ne se résume pas à l'examen audiométrique au casque avec présentation de fréquences pures pulsée. Aux mécanismes complexes de traitement du signal au niveau de l'oreille périphérique s'ajoutent la reconnaissance des formes sonores dépendant de l'organisation des voies auditives centrales.
Les examens audiométriques vont permettre de déterminer le type de surdité et de mesurer les pertes auditives (seuils). Les tests auditifs doivent être réalisés dans un pièce calme sans réverbération. En cabine insonorisée, la mémorisation du son et sa rémanence peut être source d'erreur. L'audiométrie tonale permet une mesure des seuils auditifs, en fréquence pure, à partir de l'étude des fréquences de la parole (250Hz, 500Hz, 1000Hz, 2000Hz, 4000Hz et 8000Hz) soit en conduction aérienne (au casque) soit en conduction osseuse (vibrateur).
L'audiométrie vocale analyse le capacités de compréhension en faisant entendre des séries de mots ou de phrases que le patient doit répéter. Les mots sont habituellement préparés sur une source audio et sont transmis au patient à l'aide d'un écouteur ou par haut-parleur. Le but de l'examen est de déterminer l'intelligibilité de la parole. Les tests vocaux dichotiques, en présentant des messages différents entre l'oreille droite et gauche, permettent d'évaluer les problèmes de latéralité, de mémoire immédiate et de travail, et plus généralement d'organisation sensoriel. Le test de discrimination temporel qui consiste à présenter des clics dans des temps très court de 100 à 500 millisecondes permet d'évaluer la vitesse d'analyse de l'information acoustique temoin de la plasticité cérébrale.
L'impédancemétrie permet une étude du système tympano-ossiculaire et renseigne sur l'état de la trompe d'Eustache. Elle comprend une étude du tympanogramme, c'est à dire des variations de compliance (élasticité) du tympan en fonction des variations de la pression d'air provoquées dans le conduit auditif externe et une étude du réflexe stapédien.
L'exploration des otoémissions acoustiques est un test de la selectivité fréquentielle et la sensibilité de l'oreille interne par
l'enregistrement de l'activité du système cilié externe à partir du conduit auditif externe.
Les potentiels évoqués auditifs étudient à partir d'une stimulation acoustique la conduction nerveuse et permettent de localiser et de différencier les surdités de perception endocochléaires (atteintes des cellules ciliées de la cochlée) et rétrocholéaires (atteinte du nerf auditifs ou des structures du troncv cérébrale).
LES DIFFERENTS TYPES DE SURDITE
On distingue trois types de surdités:
Les surdités de transmissions en rapport avec une atteinte de l'oreille externe ou moyenne qui gène la transmission de sons vers l'oreille interne. Elles résultent le plus souvent de perforations tympaniques ou de pathologie de la chaîne des osselets et sont accessibles au traitement chirurgicale avec d'excellents résultats.
Les surdités de perception en rapport avec une atteinte du système sensoriel de la cochlée (surdité endocochléaire) ou du nerf auditif (surdité rétrocochléaire). Leurs traitements fait appel essentiellement aux prothèses auditives conventionnelles ou implantables.
Les surdités mixtes à la fois de transmission et de perception qui font appel parfois à des stratégies thérapeutiques combinant traitement médical, chirurgie et prothèse.
LES PROTHESES AUDITIVES
L'appareillage auditif a fait de grands progrès en terme de miniaturisation, de système électronique anti-larsen, et d'adaptation aux différentes surdités par la numérisation. L'Oto-Rhino-Laryngologiste fait le diagnostic de la pathologie d'oreille, pose l'indication d'une aide auditive qui sera ensuite adaptée par l'audio-prothésiste, et suit l'évolution.
Les prothèses auditives sont constituées d'un microphone qui reçoit le son, d'un processeur électronique qui traite le signal, et le transducteur qui renvoi le son adapté et amplifié en fonction de l'audition du patient. L'ensemble est alimenté par une batterie.
Le but de toute prothèse auditive est de faire vibrer les liquides de l'oreille l'interne donc la membrane basilaire de la cochlée sur laquelle reposent les cellules sensorielles qui vont générer des stimulations électriques dans le nerf auditif. Les prothèses peuvent délivrer l'information sonore par voie aérienne en faisant vibrer le tympan et la chaîne ossiculaire (contour d'oreille ou intra auriculaire) ou par voie osseuse en faisant vibrer l'os du crâne sur lunette ou prothèse à ancrage osseux (BAHA: bone anchoring hearing aid).Le transducteur peut être externe dans le conduit auditif externe plus ou moins proche du tympan ou implanté (prothèse implantable d'oreille moyenne).Les implants d'oreille moyenne délivrent leur message auditif à l'oreille par un vibrateur implanté sur un des osselets de l'oreille moyenne. Ce sont des aides auditives le plus fréquemment semi implantable (la batterie et le processeur sont externes et l'information acoustique est transmise par induction magnétique à travers une bobine) ou totalement implantable comme les pace-makers. Ces implants sont à distinguer des implants cochléaires
indiqués lorsqu'il n'y a plus d'audition restante. Le message acoustique est alors transformé en stimulations électriques et envoyé directement aux fibres du nerf auditif, par des électrodes implantées dans l'oreille interne (cochlée).


